Réserve Trésor

L’ étude Tapir est finie

Publié le :
 26 août 2014
Catégorie :
 Actus de la réserve

Présentation succincte des données des pièges-photographiques

 

Tapir (Tapirus terrestris) pris en photo dans les savanes

Tapir (Tapirus terrestris) pris en photo dans les savanes

Le 20 août dernier, nous avons récupéré les pièges photographiques de l’étude Tapir pilotée par l’association Kwata et financée par la DEAL.

Pour cette étude, nous avions installé 30 stations de piégeage. Chaque station était composée d’un piège disposé tous les 500 à 600 m environ, formant ainsi un quadrillage de maille similaire. Ils étaient localisés entre la piste du placer Trésor et crique roche, et approximativement du sentier botanique aux savanes ce qui représente une large surface couverte (plus de la moitié de la réserve). Deux sessions ont été organisées : l’une en saison sèche qui s’est déroulée en 2013 (du 27 août-29 août au 10 décembre) et l’autre en 2014 en saison des pluies (du 23 avril-07mai au 20 août).

Si l’objectif de l’étude consistait avant tout à mieux appréhender comment se « comporte » le Tapir en fonction des différents habitats de la RNR et d’une saison à l’autre, pour la réserve c’était aussi l’occasion de récupérer un maximum de données et de contacter éventuellement des espèces particulièrement difficiles à observer.

Malgré les soucis de fonctionnement des pièges soumis à de rudes conditions (forte pluviométrie, exposition au soleil dans les savanes, installation de nids de fourmis dans les pièges…) les deux campagnes de piégeage nous ont livrées un grand nombre de données avec 586 contacts en 2013 pour 510 en 2014. Ceci pourra être comparé en partie avec la RN des Nouragues.

Au total, nous avons pu mettre en évidence 26 espèces de mammifères, dix espèces d’oiseaux et 1 espèce de reptile.

Parmi les oiseaux, la vedette est sans conteste l’Agami dont plusieurs individus se sont, n’ayons pas peur des mots, exhibés devant les pièges. Toilettage, Picorage, Petit tour et je reviens faire un clin d’œil devant l’objectif… ces oiseaux dont les groupes sont parfois importants nous ont mobilisé bien de la capacité de la carte mémoire. Les 118 contacts retenus au final n’intègrent pas les séances de pose prolongées devant les appareils. Un  jour, par curiosité, on pourrait compter le nombre total de photos prises quoique…Étonnamment, les autres espèces d’oiseaux qui évoluent au sol se sont faites plus rares.

Objet principal de cette étude par pièges-photos, le Tapir a bien été contacté, la primeur des informations revenant à l’association Kwata en charge de cette étude, patientons encore un peu le temps qu’ils nous écrivent un beau rapport.

L’espèce de mammifère la plus contactée est l’Agouti avec près de 200 contacts sur les deux sessions réunies (mais les deux tiers ont été réalisés en saison humide). De nuit, c’est le Pac qui arrive en tête avec également près de 200 contacts mais répartis 50/50 d’une saison à l’autre.

Les félins sont bien présents puisqu’en 2013, pas moins de cinq espèces avaient été contactées contre deux en 2014. Le jaguar et l’ocelot sont les plus fréquents avec une douzaine de contacts chacun.

Le raton crabier dont l’existence sur la réserve nous avait été prouvée en 2009, lors de la campagne photographique du programme SPECIES Kwata-WWF est finalement un coutumier de la réserve avec 16 contacts dont des clichés de famille. Il se répartit dans tous les secteurs pour peu qu’il y ait soit des points d’eau courants soit des zones marécageuses ce qui ne manque pas à Trésor.

Pour finir avec l’analyse sommaire des données, si un grand nombre de photos sont floues et servent juste à l’identification, certains clichés nous ont révélé parfois de belles surprises avec des femelles accompagnées de leurs petits (Tapir, Tamanoir, Cariacou, Agouti, Agami…), des « couples » (Tapir, Biche,…), des jeunes (jaguar..), des arboricoles en visite au sol (Macaque noir, Écureuil Grand guerlingué…).

Cerise sur le gâteau, cette étude aura permis d’ajouter deux espèces à la liste des mammifères non-volants recensés de Trésor qui compte désormais 52 espèces :

– Le Petit cabassou (Cabassous unicinctus), espèce plus connue des savanes du littoral qu’on a contacté dans une station du haut de la montagne, en pleine forêt.

– Le Grand cabassou (Priodontes maximus). Même si sa présence était fortement soupçonnée au vu des terriers aux bouches parfois imposantes, c’est notre premier contact sur la réserve.


Ce type d’étude nous apprend énormément sur l’écologie de certaines espèces emblématiques de la forêt. Merci à nos partenaires.

 

 

 

 

2 commentaires
  • excellent ! Et avez-vous aussi photographie des “petits” mammiferes : Proechimys, Metachirus, Didelphis, … ?

    • Salut François,

      Content que ces résultats attirent ton attention. Pour répondre à ta question, nous avons effectivement quelques contacts de micro-mammifères sur les 7 mois approximatifs où les pièges étaient disposés sur le terrain. Les données intéressantes concernent les marsupiaux. Les Quatre grandes espèces ont été contactées. Le pian à oreilles blanches n’a été vu qu’une fois. Le Pian à oreilles noires totalise plus de contacts, 29 au total. Mais c’est le Quatre-yeux brun qui détient la palme avec 68 contacts. Le Quatre-yeux gris a lui été contacté 22 fois. Pour toutes les espèces, le nombre de contact est nettement plus marqué en saison sèche. A titre d’exemple, pour metachirus nudicaudatus, celui-ci est de 59 contacts en saison sèche pour 9 en saison des pluies.
      Pour les petits rongeurs, cela n’a pas été aussi fructueux, seul Proechimys sp. s’est laissé prendre et encore, que cinq fois. C’est autant de contact que Sciurus aestuans, c’est dire…
      A bientôt,
      Jef

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